Recherche :    
 Accès abonné
pour rester informé des mises à jour de Music Story
Albums : 
    Accès : Accueil Genres Artistes Chronologie Plan site
Titre album :
Nursery cryme
Groupe :
Genesis
Sortie :
11/1971
Label :
Charisma
Cote rédaction :
Retour détail groupe Envoyer à un ami :
Exemple-type du disque de Genesis pendant les seventies, Nursery Cryme pourrait même être disséqué comme un cas d'école tant paroles, musique, thèmes, structures etc… sont archétypiques de l'oeuvre du groupe.

Le titre lui-même, Nursery Cryme, est un jeu de mots qui caractérise l'ambiance dans laquelle baigne l'oeuvre du groupe. Le terme anglais «nursery rhyme» signifiant comptine, il est ici détourné pour devenir le crime de la nurserie. Ce qui correspond tout à fait aux histoires mises en scène par Genesis, qui sont de petits contes cruels et faussement enfantins. La pochette est l'oeuvre de Paul Whitehead, qui sera l'illustrateur officiel du groupe jusqu'à The lamb lies down on Broadway (la plupart des groupes de rock progressif agiront de même : Yes avec Roger Dean, Pink Floyd avec Storm Thorgeson, etc). Elle présente, en couleurs anciennes, une fillette typiquement victorienne jouant au croquet avec des têtes d'enfants (ainsi que la maison de Tony Stratton-Smith, le producteur du groupe, tout comme dans la pochette de Pawn Hearts de Van der Graaf Generator). Encore une fois, l'enfance et le meurtre sont confrontés, et le clin d'oeil à l'univers de Lewis Carroll n'est pas innocent.

Tout cet univers est repris dans les textes de Nursery Cryme. Le premier morceau, «The musical box», est inspiré par la pochette, il est précédé d'un paragraphe explicatif qui plante le décor : magie, sexualité, et assassinat sont mélangés dans une comptine bien peu orthodoxe. « The return of the giant hogweed» raconte l'histoire d'une plante grimpante ramenée en Angleterre sous la reine Victoria et qui se développe pour exterminer la race humaine. «Harold the Barrel» est l'histoire monty-pythonesque d'un jeune homme poursuivi pour avoir servi du thé avec ses orteils… Et «The fountain of Salmacis» reprend l'histoire érotico-tragique du dieu grec Hermaphrodite et de la nymphe qui le condamna à cette étrange condition.

La musique de Genesis est au service de tout ce petit univers. L'orgue hammond est nerveux et parfois digne d'une cathédrale. La basse de Rutherford fait preuve d'une virtuosité insoupçonnée sur le précédent album (elle sonne presque jazz sur «The foutain of Salmacis»). Les deux nouveaux musiciens enrichissent également le son de Genesis. Avec Steve Hackett, la guitare devient très saturée et s'étire en de longues notes. Phil Collins, surtout, met en place un rythme incroyablement rapide et violent, fait de contretemps très particuliers et qui rappellent sans cesse sa fibre jazz. Les mélodies de Genesis sont, sur Nursery Cryme, les plus emphatiques et les plus symphoniques que le groupe ait fourni, qu'il s'agisse du final de «The musical box», de «Seven Stones», ou des dernières minutes, tout bonnement héroïques, de «The fountain of Salmacis». Le groupe ne perd jamais son sens de l'humour, «The musical box» garde jusqu'au bout ses accents ironiques, «The return of the giant hogweed» est construit sur un hammond railleur et un solo de guitare très orienté vers l'amusement, «Harold the Barrel» est bien sûr une farce musicale et populaire. A noter que le groupe surprend avec «For absent friends», une petite balade à la guitare sèche chantée par Phil Collins, assez différente du reste de l'album.

L’album est considéré comme un tournant par les fans, contrairement aux membres du groupe : Tony Banks va jusqu'à dire de cet album qu'il n'apporte rien de nouveau par rapport au précédent. Le changement est pourtant radical et Nursery Cryme sera le premier grand succès du groupe, dans un pays où le rock progressif est alors adulé : l'Italie. Il faudra attendre l'album suivant pour que la reconnaissance de Genesis se fasse à l'échelle européenne. Avec le recul des années, Nursery Cryme est le premier volet d'une trilogie qui s'achèvera avec Selling England by the pound et qui reste emblématique d'un son et d'une ambiance unique dans l'histoire de la musique.

Julien Oeuillet     

   Titres
The musical box 10:30
For absent friends 01:47
The return of the giant hogweed 08:10
Seven stones 05:10
Harold the barrel 03:00
Harlequin 02:56
The fountain of salmacis 07:52
   Editions
Label : Charisma
Ach. Lbl.  Sp.  Réf.  Date 
CharismaLPCAS 10521971
CharismaCDCASCDX 10521994
Achetez cet album avec :
   Associés
Genesis

Foxtrot
    Accueil - Qui sommes nous ? - Guide du site - Plan du site - Espace professionnel - Espace rédacteur - Publicité - Liens - Contact   Un site
 
Copyright© Keewia 2008